Souvenirs aixois

Un des repères que le temps passe, est de se promener dans sa ville et de s’apercevoir que les devantures, les propriétaires de magasins ont changé.

Je me souviens de ces boutiques qui m’enchantaient dans mon enfance.

En haut du Cours Mirabeau, jouxtant le Passage Agard, en lieu et place de l’ancienne chapellerie, puis établissement banquier du père de Paul Cézanne, il y avait ; La Plume en Or. Une maroquinerie qui était, à mes yeux, un lieu de luxe, où même les vendeuses m’impressionnaient par leurs attitudes et leurs choix vestimentaires et maquillage parfait. Derrière la vitrine je me disais : « quand je serai grande je m’y achèterai un beau sac à main ». Je l’ai fait, quelques années plus tard, en économisant. Mais aujourd’hui, cette boutique n’est plus. A la place une banque :  respect du cycle de la vie ?

En face, il y avait le cinéma Le Rex. Lieu enchanteur, où ma grand-mère m’emmenait, à chaque Noël, voir le dernier Walt Disney.

Mais la plus belle salle de spectacle, celle qui me ravissait le plus,  c’était celle du Casino. Quel luxe. On y voyait des couples dans le jardin, des orchestres dans le kiosque le dimanche, et ces marches qui fallait monter pour atteindre le guichet de la salle de cinéma. Cette salle avec des balcons, des tentures rouges, une scène de théâtre, ces fauteuils moelleux, ces gypseries et lustres de cristal. Cet écran couvert de publicités et avec lequel durant, l’entracte, on s’amusait en trouvant un mot et en se le faisant deviner. Tout cela n’est plus. C’est l’évolution.

Et la boutique Routy avec ses grandes vitrine, ses mannequins tirés à quatre épingles et toutes ses marques aux noms prestigieux : Pierre Cardin, Balmain, Chanel. Un grand magasin avec son étage, où l’été on y trouvait les maillots de bains.

La grande boutique de jouet Allemand, un ravissement pour nos yeux d’enfants. Le vendeur de tissu Carcassonne, qui rivalisait, en superficie, avec A La Ménagère

Tous ces magasins, qui, certes ne sont pas historiquement classés, mais restent dans nos souvenirs et font partie, malgré tout de notre patrimoine.

La Boucherie Fasseta a fermé, la boutique Manon n’est plus…

Il en reste quelques-unes : Béchard, Le Péché Mignon qui a changé de nom pour s’appeler Weibel, Léonard Parli, Truphème…

Mais dans la Rue Jacques de la Roque, il y a de la résistance.

Outre le fait qu’une acheteuse n’a pas eu peur de tenter le challenge de conserver une librairie qui vent exclusivement des livres et papeteries provençals, il y a une pépite : La Charcuterie Olivier.Olivier

Celle où ma mère n’hésitez pas à m’envoyer pour y acheter des saucisses de ménage pour faire des rougails ou des ragoûts de pommes de terre, du thon Le Basset, que l’on y en trouve encore !

Pour les amateurs du fait-maison, les défendeurs de nos artisans, n’hésitez pas !

Toujours accueillis avec le sourire et le charme d’Eve. Je n’ai même pas l’impression qu’elle ait changé, et çà c’est pas normal, je suis jalouse.

Avec son tablier, ses gestes précis et ses conseils, son mari et son fils toujours présents pour nous renseigner sur les produits, ce n’est que du bonheur. D’ailleurs, ils illuminent ma journée à chaque fois que je m’y rends : charcuterie, filet mignon, boudin, aïoli et surtout la brandade…

De toutes façons, ils n’ont pas besoin de publicité. La preuve,  le matin il y a toujours une file d’attente qui s’étire jusque sur le trottoir.

Mais attention, le magasin n’est pas ouvert l’après-midi.

http://www.charcuterie-olivier.fr/

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