Ballade dans le Vercors – Partie 2

C’est assez bouleversés que nous avons quitté le Vercors pour rentrer dans la Drôme et en chemin nous avons décidé de faire une halte à la forêt de Saou.

La forêt de Saou est un petit paradis de beauté et de verdure blotti dans un espace naturel drômois quasiment fermé par des montagnes. Cette situation lui permet d’abriter une faune et une flore abondante, véritable ravissement pour les botanistes et amoureux de la nature.

Sur plus de 2.500 ha, vivent des espèces animales et végétales typiques des régions montagneuses mais aussi de Méditerranée : gentianes bleues, lavande, chamois, marmottes, chevreuils et sangliers, passereaux, grands rapaces…

« Site naturel classé » la forêt de Saou bénéficie d’une protection contre toute urbanisation, et c’est très bien ainsi. Une norme européenne l’a également intégré au réseau Natura 2000, qui protège les espaces exceptionnels et préserve la biodiversité.

Quand vous arrivez sur ce site, vous ne pouvez que penser qu’elle a une Histoire. Et astucieusement des supports pédagogiques vous la raconte.251A17F6-AB36-4E80-AFDC-11E22F3ED771

La forêt de Saou fut notamment la propriété de Maurice Burrus, milliardaire alsacien ayant fait fortune dans l’industrie du tabac. Il acquiert la forêt en 1923. C’est lui qui, certainement incité par la loi dite Serot permettant, à l’époque une réduction des impôts fonciers aux propriétaires engagés dans une politique pratiquant une bonne gestion forestière, entreprit la plantation de nouvelles essences (platanes, cèdre de l’Atlas, pins Douglas, mélèzes, sapins d’Espagne, sapins de Céphalonie…). L’allée principale, allant du parking vers l’est, est majestueuse : des arbres gigantesques longent un champ qui accueille nombreux pique-niqueurs, jeux de balles et ballons, le week-end.

Lorsque vous vous engagez dans cette allée, la magie des essences vous enivre, vous apporte une sensation de bien-être, l’impression de capter des ondes positives, de vous ressourcer. Laissez vous bercer par le bruit du vent dans les arbres et le gazouillis des oiseaux en faisant abstraction des bruits et cris joyeux des adultes et enfants.

La forêt abritait, près de 130 personnes, et pour Maurice Burrus, philanthrope, il était capital que les enfants puissent accéder à une scolarisation, il y créa donc une école. Elle pouvait accueillir jusqu’à une vingtaine d’élèves qui seront, notamment, sensibilisés à l’environnement forestier. Ainsi ce lieu isolé devient un lieu de vie microcosmique.

Cette histoire a une similitude avec celle de François Joseph Fournier, un richissime homme d’affaires qui avait acheté l’île de Porquerolles en 1912, et y a régné jusqu’à sa mort en 1935.Il y avait créé une sorte de pays de cocagne où vivaient des dizaines d’ouvriers et d’artisans. Le livre « L’homme de Porquerolles » raconte son histoire.

En 1928, Maurice Burrus décide d’offrir aux touristes, à la recherche de confort et de luxe, un lieu adapté dans ce site remarquable. Il y fait construire un bâtiment aux allures du petit Trianon de Versailles : l’Auberge des Dauphins.Explication-Saou

C’est dans cet établissement que la société de la région vient se restaurer durant leur balade dominicale. Il est composé d’un rez-de-chaussée qui accueille un restaurant étoilé et un restaurant de gamme inférieure à l’étage.

Cet établissement abandonné, va retrouver une jeunesse grâce à un projet culturel départemental, en devenant une Maison de Site dès 2020.

Cet ambitieux projet permettra de mieux connaître les mystères de ce lieu, alliant une offre à la fois culturelle et pédagogique accompagnée d’outils ludiques et numériques qui aideront le visiteur à découvrir et comprendre l’esprit de ce lieu : formation géologique du synclinal, histoire de l’occupation humaine du site, arche de la biodiversité, parcours patrimonial évoquant les fastes passés de l’Auberge des Dauphins…

Mais pourquoi attendre, n’hésitez pas à y aller pour vous promener, pour randonner ou pour pique-niquer !

Plus d’info en regardant l’émission Des Racines et des Ailes : https://youtu.be/qBb3ijkzjFA

 

La journée était passée à vive allure et l’heure du départ étant proche, notre week-end touristique c’est achevé dans cette paisible ambiance, sentiment qui nous a accompagné jusqu’au lendemain sur le chemin pour retourner à nos lieux respectifs d’activités professionnelles.

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